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Rénovation et confiance

Rénovation et confiance

Rebâtir la confiance est un chantier qui semble traverser les générations. L'enjeu du délitement du lien de confiance entre les français et leurs élus, entre les français et l'Etat, est une tarte à crème resservie avec constance de part et d'autre de l'échiquier politique au fur et à mesure des alternances.

Au fil des années qui ont vu le capital-patience des français être consommé, cette vaste entreprise a pris une forme presque chimérique. L'enchaînement de casseroles du gouvernement actuel, enchaînement qui porté un coup de grâce à une confiance déjà gravement anémique, n'en est que la dernière illustration.

Seulement voilà : quand l’écœurement provoqué par les errances du pouvoir est le premier facteur de monté des extrémismes (Marine Le Pen aurait ainsi gagné 7 points à la faveur des dernières affaires), il devient nécessaire de réagir. 

Ici, la responsabilité du PS est particulière. Loin d’avoir été neutre dans la détérioration de la confiance des français à l’égard de la classe politique, le PS se doit pourtant de porter la vision d’une action publique exemplaire et rénovée. Sa légitimité en dépend, tout comme l’œuvre de redressement de la confiance. Et force est de constater que le PS se prépare d’ores et déjà à la tâche qui l’attend.

En votant son texte de rénovation, le PS a abordé avec originalité le défi de la réhabilitation de la confiance publique. Conscient que le redressement de toute confiance ne se fait pas sans la réémergence d’un espoir crédible, le PS s’est retenu des traditionnelles annonces sans lendemain pour privilégier celle de la réforme institutionnelle ambitieuse mais palpable. Partant du constat qu’un rapprochement du parti avec les réalités de la société française était nécessaire, la rénovation s’est centrée sur trois points: interdiction du cumul des mandats, promotion militante de la diversité, et ouverture du parti au peuple français par une processus de primaires. Il serait bon que certains qui se félicitent de ces principes ne négligent pas le 3eme volet : celui du rapport aux français, notre parti ne peut se replier sur lui-même et se convaincre que la carte du parti suffirait à s’exonérer d’écouter nos concitoyens lors du choix de nos candidats, quel qu’ils soient, Présidentiel bien sur, mais aussi locaux. J’ai un peu un gout amer de voir comment fut élaborée la liste régionale et je crains un peu les choix des prochaines cantonales.

Ouvertement, le texte de rénovation envoie deux signaux différents, mais complémentaires. Le premier signal, à travers la diversité, la parité, et le processus de primaires, promeut un PS à l’écoute des réalités sociales en France. Quel espoir pourrait naître d’un parti distant des citoyens ? Le second signal, à travers le texte de rénovation lui-même, et son objectif de non-cumul des mandats, est celui d’une action concrète et efficace. Comme il a été dit, le texte de rénovation touche à l’architecture institutionnelle du PS, dont le caractère concret fait joindre les actes à la parole. Le non-cumul des mandats, quant à lui, est l’affirmation claire d’une volonté d’action efficace dans le cadre des mandats délégués par les français. Une parole se concrétisant en actes n’est-elle pas la base même de toute crédibilité ?

Avec son texte de rénovation, le PS s’inscrit donc résolument dans le chantier de reconstruction d’un espoir crédible à gauche, prélude nécessaire au retour de la confiance. A charge ensuite aux hommes et femmes politiques socialistes de transformer l’essai. Et ici, PS se doit d’être vigilant, car c’est certainement le parti dont la crédibilité souffre le plus des espoirs et attentes déçus. Si se vouloir l’avant-garde de l’éthique publique est politiquement porteur, ce rôle implique de lourdes responsabilités, souvent à double tranchant. Commençons par regarder qui chez nous touche actuellement une retraite et… un salaire de parlementaire à taux plein ?
Qui osera poser cette question ? Au sein du PS, dans notre département…

Pour l’heure, le PS montre cohérence et responsabilité. Il a contribué, lors des débats au Sénat, à démanteler le nouveau statut de conseiller territorial prévu par la loi  de réforme des collectivités territoriales, conseiller territorial qui n’était ni plus ni moins qu’une institutionnalisation du cumul des mandats.
Mais l’horizon des primaires pose de nouveaux défis. Il est ainsi vital pour le PS d’éviter de tomber dans une guerre des chefs qui plomberait, par multiplications des divergences et spirale de surenchères, la crédibilité accumulée. La tentation de la surenchère, fréquente pour le parti se voulant porteur d’un projet alternatif à celui du gouvernement en place, doit aussi être contenue en période de campagne. Le PS doit être scrupuleux du réalisme des propositions qu’il fait. Une élection sur la base de promesses irréalisables mettrait le PS dans une position intenable, et condamnerait tout retour à la confiance.
Ne faut-il plus rêver ? Mais en même temps, les rêves irréalisables sont-ils encore souhaitables ? Dans le contexte actuel, lier les paroles aux actes, n’est-ce pas avant tout de lier ses ambitions aux réalités conjoncturelles ? Le PS a déjà fait la moitié du chemin en envoyant des signaux sérieux aux français, ce qui est déjà bien plus que bon nombre de partis politiques français. Il convient maintenant de pousser cette logique jusqu’au bout, de rester cohérent avec soi-même.
 
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La politique peut-elle être morale ?
On peut le souhaiter ! On pourrait au moins exiger des hommes publics un devoir particulier d’exemplarité dans leur comportement. C’est la contrepartie du rôle que leur confère le suffrage universel. Notre société est peut-être plus indulgente que les démocraties du Nord. On dit qu’elles sont hypocrites. Non,  » la lumière vient du Nord «, elles comprennent, mieux que nous, que cette exigence de vertu renforce la cohésion sociale et rend le pouvoir plus légitime.

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Le faste et les privilèges, vestiges monarchiques, perdurent…
Dans les démocraties du Nord, en Suisse, en Allemagne, le mode de vie des dirigeants est proche de celui de l’ensemble des citoyens. Les politiques auraient grand intérêt à éviter les passe-droits, les formes ostentatoires du pouvoir, ces marques un peu ridicules qui favorisent la vanité et engendrent le mépris. J’ai connu des ministres qui rendaient leur voiture de fonction le vendredi soir. Quand Pierre-Henri Teitgen est devenu garde des sceaux, son père a fermé son cabinet d’avocat : il estimait qu’il ne pouvait plus plaider devant des magistrats.


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25/08/2010 11:25

POTY Corinne
C'est un problème privé qui m'a amené à consulter votre blog, un peu par hasard aussi, car je n'ai pas d'affinité avec le PS, faute de comprendre un traite mot de ce que disent ses dirigeants et tant ça sonne faux. J'avoue ma surprise à la lecture de cet article : enfin un homme de gauche dont je comprends le discours et j'adhère totalement... On ne peut douter de votre sincérité et il est bon d'espérer qu'il y ait, à l'avenir, suffisamment d'élus à votre image pour rétablir cette confiance dans les hommes politiques et pouvoir "oeuvrer" avec eux pour redresser ce monde dans lequel le citoyen a l'impression de passer dans une lessiveuse (voir une essoreuse !). Mais cela prouve aussi que c'est un problème de personne : on a envie de faire confiance à Christophe CASTANER, mais cela ne garantit pas l'intégrité du monde politique... il demeure utopique d'espérer que de tels propos soient tenus par toute la classe politique. Dommage, car il n'y aurait alors peut-être plus besoin de droite ou de gauche... Et en perdant moins de temps à se taper les uns sur les autres ou à se pavaner, les élus pourraient enfin ouvrir les yeux sur les réalités du quotidien des Français et agir en bon pères de famille...
En tout cas, votre article est une bouffée d'air frais !

23/08/2010 18:34

Paola Valenti
Tout juste. Merci Christophe. Paola Valenti  

21/08/2010 18:29

Ghislaine Moullet    
Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
La France est en train de perdre sa crédibilité face au monde: corruption croissante, déni de xénophobie, atteinte à la liberté d'expression...incohérences tout azimut.
L'Europe économique subit les attaques de groupements plus puissants que les 16 gouvernements réunis.
La planète s'appauvrit à cause de la surconsommation de ses peuples.
Cet inventaire à la Prévert ne va pas faire avancer le débat sur la rénovation du parti, penserez-vous. En apparence seulement!

Car, à mon humble avis, tant que les initiatives d'évolution vers la probité et la mesure seront isolées ou avortées, la confiance et le moral de l'électorat français ne seront pas au rendez-vous.
L'union fait la force, si les protagonistes arrêtent de se voiler la face et qu'ils acceptent enfin de ne plus "se mentir à eux mêmes" .
Aujourd'hui, la classe politique française n'est pas seule maître du destin de la nation, autant quelle en devienne une cheville ouvrière solide.

20/08/2010 15:40

ansaldi
c'est certenemant le moment pour faire porter un grand coup de pied dans les guignoles qui
nous dirigent mais comment faire  

20/08/2010 15:11

Patricia Klemensiewicz
Le P.S., quant il s'agit d'une personne comme vous, bien sûr je vote à deux mains (demain) . Cependant, les médias, la force du verbiage de Sarkozy a rogné une grande partie des espoirs jadis fondés.

Changer de têtes devient impératif et laisser la place à ceux qui possèdent une véritable envergure politique me semble la priorité du parti. Que les querelles vraies ou fausses se taisent et que le lexique politique employé soit radicalement différent. Vous avez un furieux en face qui prône une hygiène de la pensée dans sa vitrine alors que la boutique est vide.Il me semble facile à contrer.
Fidèlement vôtre.
Pat.K  

 

20/08/2010 14:57

raynal
oui Christophe :la moralité des elus doit etre exemplaire,ce qui entraine qu'ils soient exigeants dans leur comportement(on sait que ce sont des hommes et comme la perfection n'exite pas..) et donner à ceux qui les ont elus qu'ils ne le sont pas de droit divin comme les anciens monarques ou despotes;à ce sujet à titre personnel je n'arrive pas cerner les relations entre Michel Vauzelle et Sylvie Andrieux,si Chritophe pouvait m'ouvrir les esprits sur ce sujet je l'en remerci.. 

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