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Cahuzac, le KO

Cahuzac, le KO

Je ne souhaite pas justifier l'injustifiable. Mais comme tout les nouveaux député je fus sous le charme du ministre du budget. Son coup droit aiguisé, son uppercut ravageur et sa détermination à bousculer Bercy, ont emporté l'adhésion de tous. Alors faire comme si de rien n'était serait indécent. Mais inutile d'accabler l'homme.

Depuis l'aveu, beaucoup d'indignations se concentrent sur le mensonge, comme s'il s'agissait d'une particularité aggravante de l'affaire Cahuzac. Je ne partage pas ce point de vue : dans la litanie des affaires, le mensonge est fréquent, l'aveu exceptionnel.

Toutefois au poison du doute a succédé le choc de la vérité, au moins partielle. Si ces quatre mois ont semblé interminables, ils sont bien courts au regard du rythme démesuré d'affaires qui traînent depuis de nombreuses années.

Cela n'enlève rien a la gravité des faits.

A l'évidence, avoir détenu un ou plusieurs comptes à l'étranger non déclarés constitue la première faute grave de Jérôme Cahuzac. L'origine des fonds est aujourd'hui encore inconnue. S'il s'agit d'argent "gagné" grâce à son métier de chirurgien, cela serait déjà scandaleux, même si dans ce type de profession cela n'a rien d'exceptionnel et relève d'actes de la vie privée. S'il s'agit de gains générés par ses activités de "consultant" pour des labos pharmaceutiques, cela serait plus grave encore. En effet il y aurait utilisation de fonctions publiques au bénéfice d'intérêts personnels. La justice devra éclaircir ce point si Jérôme Cahuzac ne le fait pas spontanément.

La seconde faute grave fut pour Jérôme Cahuzac d'avoir accepté de devenir Ministre du Budget et d'être responsable de la lutte contre la fraude fiscale. L'exemplarité en politique est une évidence, dans ce cadre elle l'est plus encore.

La troisième faute grave est sans aucun doute d'avoir menti avec autant d'aplomb, au Président, au Premier ministre puis au Parlement. Enfin à tous les français.

Ce que les psychologues expliqueront par la "spirale du mensonge", jamais l'esprit républicain ne saurait le pardonner. Les élus représentent le peuple, et lui doivent probité et transparence. Son comprtement et ses dénégations répétées jettent le discrédit partout et contribuent à cette rupture entre les français et leur République organisée.

Le discrédit et la perte de confiance retombent d'abord sur les socialistes. Il ne faut pas s'y tromper. C'est mon Parti, ses élus et ses responsables qui sont les premiers impactés. Je ne ferai jamais dans le "tous pourris". D'abord parce que je sais que la politique est faite par des femmes et des hommes, c'est sa force mais c'est aussi sa faiblesse, sa fragilité, car je sais que nous avons tous en nous cette part de responsabilité. Au fond je ne crois pas que les élus soient différents de leurs mandants. Ils sont faillibles comme leurs congénères. Il faut tout simplement qu'ils soient justiciables comme tout le monde, et qu'en cas de comportements délictueux avérés, ils soient privés de leurs fonctions électives et interdits de mandat. Ensuite parce que l'idée que je me fais pour la Gauche et le Parti socialiste est d'être meilleurs que les autres.

Je pourrais me rassurer en lisant Fabrice Arfi, le journaliste de Mediapart qui a mis en avant l'affaire, expliquer que jamais sous Sarkozy il n'aurait eu le sentiment de liberté pour lui, son journal, pour la justice, comme il l'a eu depuis le changement de majorité.
Aujourd'hui cette affaire n'est pas enterrée, elle a même fait l'objet d'une grande scélérité.
Cela a plusieurs explications:

  1. La première est que la justice a probablement pu travailler librement, sans consignes, sans pressions politiques.
  2. Le deuxième est qu'il n’a pas été attendu une mise en examen pour organiser une désolidarisation entre le ministre, alors soupçonné, et le reste de l'exécutif, facilitant une accélération de l'épilogue. 
  3. Le troisième est peut-être la personnalité du mis en cause, entier dans la faute, entier dans l'aveuglement, entier dans l'aveu, entier dans la vie.

C'est un premier point auquel se raccrocher : il est possible désormais que justice passe vite, loin après le début des faits (vingt ans), vite après les premières révélations.

Mais il nous faut aller au delà. Revenir à plus de démocratie interne au Parti et vis à vis de nos concitoyens, faire cesser les comportements de copinage et d'affairisme dans nos organisations internes, c'est une condition de notre survie.
La fin du cumul des mandats et l'introduction d'une dose de proportionnelle ne suffira pas.
Il faut d'abord interdire le cumul des indemnités et le "partage du surplus", faire la transparence sur "nos" moyens, ne pas accepter les "parachutages" et contrôler strictement les attributions des marchés publics et toutes les décisions publiques engageant le droit des sols (PLU, photovoltaique...) ou générant des recettes publiques (maison de retraite...).

Enfin il faut empêcher les conflits d'intérêts financiers, antichambre de la corruption.
Entendre par exemple Jean-François Copé porter réquisitoire aujourd'hui, alors qu'il se précipitat pour devenir avocat dont personne ne peut penser que ses clients n'acheteaient pas aussi un carnet d'adresses, me choque.
On doit choisir entre faire la loi et se faire rétribuer par ceux qui veulent influer la loi. Comme dit Martin Hirch c'est simple comme règle, et pourtant, on est encore loin

En terminant ces mots, je pense à l'homme Jerome Cahuzac, qui vient de perdre son honneur mais qui reste un père. Je le suis aussi, et je pense à cet image évoquée par mon collégue rapporteur général du budget parlant d'une famille dans laquelle un des membres fait une grosse bêtise... L'honneur de la famille est alors écorché, la solidarité familiale mise à mal et le prix est parfois payé par tous.
Jérôme Cahuzac sera jugé pour ses actes. Je souhaite que ma famille politique le soit aussi.


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