• "Le contrat de génération s'inscrit dans la volonté de dialogue social"
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"Le contrat de génération s'inscrit dans la volonté de dialogue social"

"Le contrat de génération s'inscrit dans la volonté de dialogue social"

Le mardi 15 janvier, le projet de loi portant création des contrats de générations était en discussion devant l'Assemblée nationale. Le député des Alpes de Haute-Provence Christophe Castaner, en sa qualité de rapporteur spécial des budgets du travail et de l'emploi, a pu s'exprimer à la tribune de l'hémicycle. La vidéo à découvrir ci-dessous.

Le texte de l'intervention en intégralité à découvrir ci dessous

"Merci monsieur le président,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le rapporteur,
Mes chers collègues,
 
Le 13° travail d'Hercule : trouver un travail », ironisait Roland Topor dans Pense bêtes  en 1993. Ce n'est pas peu dire. Aujourd'hui encore, trouver un travail est loin d'être une sinécure. Le CDI est devenu le saint graal que peu de jeunes arrivent à décrocher avant leurs 26 ans. 
Parallèlement, ceux que l'on appelle les séniors, sont trop souvent boudés par l'entreprise, et ce malgré leur expérience.

Beaucoup a été dit cet après-midi, vous évoquiez Monsieur le Ministre le taux d'emploi de 41% pour les 55/64, oui mais sait-on qu'il est divisé par 3 entre 57 et 60 ans ?
Nous assistons de fait, à une véritable chasse aux seniors. Quand en parallèle on se méfie des jeunes.

Ce texte à bien évidemment une vocation économique mais je voudrais insister sur sa dimension politique, oui ce texte est un texte éminemment politique.

Tout d'abord il nous invite à un changement de regard.
Nous avons trop souffert ces dernières années d'une politique faite d'exclusion de l'autre, l'étranger mais aussi le jeune. J'ai encore en tête cette affiche pour le recrutement d'un parti politique, alors dans la majorité, qui montrait une dame âgée face à deux jeunes à casquettes et on sentait l'angoisse de la dame...qui devait avoir peur ...des casquettes. On l'invitait, pour se sentir protégée, à adhérer..!

Ce texte est un texte politique car il est une source de motivation, il donne envie, il redonne de la confiance, de l'espérance aux plus jeunes, c'est un rendez-vous avec ces 6 millions de jeunes qui arriveront sur le marché du travail d'ici 2020.

Cette situation appelle de nouvelles mesures, dont l'ampleur doit être à la hauteur des enjeux. Les emplois d'avenir, destinés principalement au secteur non-marchand, ont été la première étape dans la lutte contre le chômage des jeunes, la seconde étape est présentée aujourd'hui : le contrat de génération et sa dimension intergénérationnelle.

Je vous invite, mes chers collègues, à porter sur la politique de l'emploi des jeunes un regard global.
Les contrats de génération s'ajoutent aux emplois d'avenir, mais nous ne devons pas négliger non plus l'impact de l'effort massif de l'Etat sur les charges, à travers le Crédit Impôt Compétitivité Emploi, qui profitera aussi aux jeunes travailleurs.

Enfin, depuis vendredi, soulignons la décision extrêmement symbolique des partenaires sociaux de mobiliser le produit de la taxe sur les contrats courts vers les recrutements des jeunes de moins de 26 ans en CDI.
Il est vrai que c'est une révolution pour la droite, qui a vu le recours au CDD doubler ces dix dernières années sans s'en émouvoir. La droite a fait de la précarité sa politique.

Nous disposons ainsi d'une palette de dispositifs qui représentent un effet levier considérable jamais atteint jusque-là. 

Ce texte est un texte politique enfin pour son processus d'élaboration, je vous parle, bien évidemment, de la réinvention du dialogue social. Cette recherche de compromis fait politique. Cette volonté fait une méthode de Gouvernement.

Je souhaite la encore vous inviter mes chers collègues à situer le contrat de génération dans cette volonté de dialogue social. Ce n'est pas, et Catherine Lemorton, l'a fort bien dit, une mise en cause du parlement mais au contraire l'affirmation d'une méthode faite de respect, n'en déplaise à Monsieur Vercamer, que l'on a connu plus inspiré quand il parle de mépris des procédures législatives.

La vision de la droite est connue, l'Etat décide seul et impose ses vues aux partenaires sociaux. Faudrait-il poursuivre la méthode du précédent gouvernement qui a pour seul bilan un million de chômeurs supplémentaires ?
La droite c'est la précarité disais-je tout à l'heure, elle est aussi le chômage massif.

Dès la constitution du Gouvernement, le choix de créer un portefeuille du dialogue social fut porteur de sens.
La grande conférence sociale de la rentrée a favorisé l'esprit du dialogue social.  
Le contrat de génération est la première étape de ce changement de culture.
L'accord sur la sécurisation des parcours professionnels, obtenu vendredi dernier en est une seconde, majeure. Il porte sur le marché du travail et sur la relation sociale dans l'entreprise.

Une méthode : le dialogue social.
Un objectif : inverser la courbe du chômage.
Les partenaires sociaux ont maintenant deux nouveaux rendez-vous, là encore, avec de grands enjeux pour le marché du travail:
-la qualité de vie au travail,
-l'égalité professionnelle femmes/hommes.


La France doit changer, elle doit se réformer, mais nous refusons que cela se fasse de façon autoritaire. Et vous nous trouverez, monsieur le Ministre à vos côtés pour retranscrire ces progrès par la loi et les compléter chaque fois que cela sera nécessaire.

Les contrats de génération, complétés par l'ensemble des outils tournés vers l'emploi, que je viens d'évoquer, vont favoriser le recrutement des jeunes,
maintenir, mais aussi créer, des emplois pour les seniors,
mais aussi lutter contre la précarité qui était jusque-là la règle.
Et enfin, permettre la transmission des compétences et des savoirs.


En tant que tout nouveau président du groupe de travail sur les PME j'aimerais me féliciter que ce texte permette d'offrir une solution aux problèmes de succession qui se posent très souvent, notamment en milieu rural et aussi dans le monde agricole. Ainsi, un artisan ou un agriculteur de plus de 57 ans, pourra embaucher un jeune de moins de 26 ans à qui il pourra transmettre son entreprise, et ainsi bénéficier de l'aide financière du contrat de génération.
 
 
Volontaire, ambitieux, naît d'un accord interprofessionnel unanime, le contrat de génération doit déclencher un vaste mouvement de mobilisation pour faire de la jeunesse et de l'emploi notre première priorité, conformément à la feuille de route du gouvernement de Jean Marc Ayrault.


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17/01/2013 09:57:46

jacky Billy
Personne ne contestera le principe d’un tel dispositif d’envergure qui s’inscrit dans une panoplie déjà bien fournie des contrats aidés. Bien mal intentionné serait celui qui, par posture, condamnerait pareille initiative, même si le risque d’effets d’aubaine est bien réel. Même si elle demande un substantiel effort financier au pays. Même si son financement – un milliard d’euros par an en régime de croisière – reste flou. Sera t-il intégré dans le financement global du pacte de compétitivité ?

Cette dépense a vocation, en tout cas, à donner de l’espoir et des perspectives à une jeunesse touchée de plein fouet par le chômage, la précarité et la pauvreté. Un triptyque infernal. Selon l’Insee, le taux de chômage des 15- 24 ans s’établit à 22,7 %, quand il est de 6,9% pour leurs aînés qui cherchent, quant à eux, à éviter un licenciement.

 Né d’une volonté en réponse à un constat de crise, ce contrat de génération ouvre grand une voie originale dans la transmission du savoir. Au-delà du noble symbole que constituent le tutorat et la formation d’un binôme transgénérationnel, le duo appelé à travailler ensemble dans l’entreprise aura t-il les vertus qu’on lui accorde sur le papier ?

Le mécanisme n’enthousiasme guère les directeurs des ressources humaines. Près de deux sur trois se montrent sceptiques. Trois sur quatre estiment que le dispositif ne va pas favoriser une pérennisation de l’emploi des jeunes. Quant au Medef, il se montre très prudent sur l’objectif d’embauches alors que la CGPME souhaite sa mise en musique rapide dans ses entreprises.

Derrière ces craintes légitimes, il faut voir une avancée significative. Le projet s’est inscrit dans la volonté du nouveau dialogue social voulu par l’Élysée. Les contrats de génération ont fait l’objet d’un accord unanime des organisations syndicales. Le travail d’amendement collectif, fait en amont du débat parlementaire, montre bien la mobilisation de tous les acteurs contre le chômage et pour la jeunesse. Reste toutefois LA grosse inconnue: la croissance. Sera-t-elle de retour pour soutenir ces contrats d’un nouveau genre? Tout le monde l’espère.

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