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Formation des enseignants : une braderie sans précédent

Formation des enseignants : une braderie sans précédent

Une grève, largement suivie, 3 jours après la rentrée, voilà un des derniers succès de Luc Chatel.

Entre autres sujets d'inquiétude celui de la formation des nouveaux professeurs. Regardons cela de plus prés.

Le ministère de l’éducation nationale a publié le 25 février 2010 une circulaire relative au « dispositif d’accueil, d’accompagnement et de formation des enseignants stagiaires des premier et second degrés et des personnels d’éducation stagiaires » qui concerne les reçus aux concours de recrutement d’enseignants de la session de juillet 2010. Cette circulaire qui insiste sur « l’importance de l’année de prise de fonction » et sur la nécessité de « mieux former les enseignants », tourne le dos à ces principes.

Les reçus aux concours de juillet 2010 ont préparé pendant un an un concours basé pour l’essentiel sur les connaissances disciplinaires sans avoir eu souvent la moindre approche de ce qu’est l’acte d’enseigner. Or, c’est à eux qu’on propose un ersatz de formation qui risque de les laisser bien démunis devant les réalités de l’exercice du métier enseignant.  Le stagiaire va le plus souvent, en fait, se retrouver seul face aux difficultés de gestion de la classe. On est bien loin d’un enseignement en alternance !

On retrouve souvent dans ce texte l’essentiel de ce qui était auparavant prévu (et qui devrait disparaître) pour les titulaires lors de leur première année d’exercice après leur année de formation professionnelle en alternance en IUFM et dans une classe. La grande différence, c’est que dans ce qui est proposé ici, le stagiaire n’aura jamais eu auparavant de formation professionnelle.

La programmation de disparités considérables entre les territoires

On aurait pu attendre d’une circulaire ministérielle qu’à l’image des circulaires précédentes d’avril 2002 ou décembre 2006, elle prévoit un cadrage précis des horaires et des contenus de formation valables dans toutes les académies ou départements. Loin de cet objectif, cette circulaire revêt pour reprendre un terme y figurant, un caractère « souple » et s’appliquera en fonction des moyens et des possibilités pouvant exister dans chaque académie ou chaque département.

La seule formation professionnelle dont pourront bénéficier les stagiaires en 2010-2011 sera donc liée au potentiel de moyens susceptible d’exister dans chaque académie et chaque département.  Aucun moyen supplémentaire n’est prévu pour l’application de cette circulaire.

La réforme de la formation des enseignants montre ici son vrai visage : faire à tout prix des économies budgétaires !

De lourdes conséquences pour certaines académies et certains départements :
Cette adaptation aux possibilités locales sans moyens supplémentaires aura de lourdes conséquences. Il y aura des disparités importantes entre les différentes parties du territoire et les choix effectués seront davantage pilotés par des impératifs de gestion plutôt que par l’intérêt des élèves.

En effet, tous les observateurs attentifs du système éducatif le savent, les territoires avec les populations les plus défavorisées sont aussi les zones où il y a le plus de difficultés de remplacement, où dans le premier degré les personnels en ZIL ou en brigades de remplacement sont très insuffisants, où il y a le moins de maîtres formateurs ou de conseillers pédagogiques.
Ce sera donc dans ces départements, ces académies, où faute de moyens suffisants de remplacement adéquats, la formation professionnelle des enseignants risque d’être la plus chaotique,  la plus faible, voire inexistante dans un certain nombre de cas, alors que dans ces territoires la réussite des jeunes nécessiterait des enseignants très bien formés. On marche sur la tête !!! On tourne ainsi le dos à l’égalité de traitement de tous les élèves dans le service public de l’éducation nationale.


Enseigner est un métier qui s’apprend

Symbole de ce refus de considérer qu’enseigner est un métier qui s’apprend et qu’il peut exister des formateurs d’enseignant, le terme IUFM ne figure à aucun moment dans la  circulaire.
Veut-on ainsi laisser les structures de l’enseignement catholique être les seules à reconnaître la qualification de formateur d’enseignant permettant ainsi à ce secteur et à ses « organismes en charge de la formation continue » reconnues par la circulaire, d’être en pointe par rapport à l’approche par compétences dans le cadre du socle commun ou concernant l’accompagnement personnalisé des collégiens et lycéens ?

Des conditions d’exercice particulièrement difficiles


L’enseignant stagiaire risque avec cette circulaire de se trouver dans des conditions d’exercice du métier enseignant très difficiles.
Ainsi pour le premier degré, il risque d’exercer avec des obligations de service supérieures à celles des autres enseignants et il sera « affecté en brigade de remplacement », « stabilisé dans une école jusqu’aux vacances de la Toussaint », après, « il est souhaitable de proposer des remplacements longs ».

L’enseignant stagiaire découvrira donc dans le premier degré l’exercice du métier en étant affecté deux mois à un niveau dans une école, puis après effectuera dans différents niveaux et différentes écoles des remplacements sans avoir de réels moments de réflexions sur ses pratiques, sans pouvoir réellement construire des progressions ou son autorité éducative dans la durée.
Il y a antinomie à oser parler de « formation » avec la prévision de telles conditions d’exercice!

Ce gouvernement tourne le dos aux besoins du système éducatif et aux défis que nécessite la réussite de tous les élèves. Alors que des évolutions apparaissent nécessaires à tous les niveaux du système éducatif pour l’améliorer, ce n’est pas une génération d’enseignants parée pour répondre aux enjeux qui s’annonce, mais une génération d’enseignants sacrifiée dans leur formation par souci d’économies  à court terme et faute d’une véritable ambition pour une formation professionnelle de haut niveau.


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21/09/2010 16:48

coll jaime
une honte vivement 2012 il va avoir du travail pour tout relevee la france de cette politique poussee par les capitalistes

19/09/2010 17:22

Sophie Balasse de Lignieres
Le 6 septembre, parents et enseignants du collège H.Laugier de Forcalquier, réunis en A.G, ont rédigé une lettre adressée à Monsieur le recteur et à la presse, exposant, si besoin est, les revendications qui sous tendent leur mouvement.
La mission des enseignants, qui consiste à contribuer à la construction de l'avenir des élèves, non seulement à travers les cours dispensés, mais aussi à travers l'élaboration de diverses actions pédagogiques et éducatives, necessite du temps, de l'investissemnt et des conditions matérielles favorables. Or, nous estimons que les conditions nationales et locales imposées par les réformes et expérimentations en cours ne permettent pas de mener à bien cette mission avec l'efficacité et la sérénité requisent:
Classes surchargées, suppression de postes de surveillants, conditions scandaleuses réservées aux jeunes professeurs recrutés sans aucune formation, effectuant 18 heures devant les élèves!
Persiste aussi le manque cruel de titulaires remplaçants et les "compléments de service", qui obligent un professeur à enseigner sur trois établissements cette année!
Parents et enseignants sont associés dans cette action par le désarroi que nous avons tous devant la dégradation des conditions d'enseignement, qui sont aussi et avnt tout, la dégradation des conditions d'appprentissage de nos enfants...

18/09/2010 19:00

de Rougemont Dominique
Tout à fait d'accord !!! Il va falloir faire quelque chose et vite !!!!

17/09/2010 22:45

patricia Klemensiewicz
Braderie, mot sympathique pour les consommateurs et lucratif pour les négociants. Je dirais plutôt, politique dangereuse qui cache la volonté d'en finir avec le système éducatif, fierté du pays. Il me semble que nous allons vers une privatisation de l'enseignement. Ainsi les gueux, les pauvres n'auront aucun besoin d'accéder à l'instruction puisqu'il faut les financer. Dommage que cette politique n'ait pas existé avant (genre 1956-57, années où le Saint Nicolas a pu bénéficier d'une instruction minime mais gratuite et arriver à ce stade d'ineptie. J'en viens à en vouloir au système que je, nous défendons. Les pauvres, donc les analphabètes iront peut-être rejoindre le sort des Roms puisqu'ils seront improductifs aux yeux de ce gouverneur qui défie toutes les institutions sans une once de conscience. Ne serait-ce que pour les gens qui vivent sur ses terres.
Pitoyablement vôtre.

17/09/2010 15:41

nalin
oui on peut affirmer que la maniere de former les enseignants est une devenue une grande pagaille;chaque ministre de l'education nationale veut laisser son nom pour la posterité,se prenant sans doute pour Jules FERRY.Au niveau dit elementaire (du CP au CM2) les maitres passaient par l'Ecole Normale qui savait former des maitres d'ecole et puis on a voulu rendre l'enseignement plus valorisant et ce au detriment d'une formation veritable et voila ce que cela donne ,d'autant qu'en meme temps on a voulu faire evoluer le contenu des etudes.Pour le secondaire tout va à veau l'eau :on acommencé par creer des colleges qui peuvent deboucher sur le lycée alors que l'on avait des colleges specifiques et techniques qui pouvaient mener du CAP au BTS mais là aussi les enseignants n'avaient pas reçu une formation digne de ce nom,c'est decidement une redite mais c'est ainsi .Puis le lycée arrive avec en prime un seisme avec la nouvelle mouture du baccalaureat ou on est passé de 4 series avant le seisme à pres de 95 options (il fallait etre Polytechnicien avant le BAC) et notre enseignement qui faisait la jalousie des autres est devenu la risée de ceux-ci.Les etudes superieures n'ont pas manqué cette chute et l'on retrouve L'X en 50éme position des grandes facultés et Normale Sup (Paris) quelques 10 places apres ,quant à nos universités elles ont suivi l'evolution du nombre d'options au Bac ,pour tout de meme creer des diplomes valorisants:Masters,Doctorats de 3éme cycle ou encore le Doctorat ;les enseignants font toujours ce qu'ils peuvent mais on peut aussi se rendre compte que l'os est toujours la formation ;j'ai fait un long courriel mais cela me tenait à coeur.

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