• Ma réaction suite à la réunion publique de Champtercier (04) avant l'arrivée de réfugiés
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Ma réaction suite à la réunion publique de Champtercier (04) avant l'arrivée de réfugiés

Ma réaction suite à la réunion publique de Champtercier (04) avant l'arrivée de réfugiés

réunion en salle du conseil de Forcalquier pour l'accueil des réfugiés

Après Barcelonnette, une nouvelle réunion publique à Champtercier montre comment certains veulent agiter les peurs pour dénier à des femmes, des hommes, le statut d'être humain.

Je lis avec effroi les commentaires de ceux qui refusent de considérer ces femmes et ces hommes comme des individus animés de projets et de désirs, mais parlent de flux, de chiffres, de menaces, qu'il faudrait gérer, parquer, optimiser, contenir. Nous avons été les témoins de la logique d'attente interminable qui dépossède, à petit feu, les demandeurs d'asile de tout rêve et de tout espoir. Et, parce qu'il est scandaleux de rester indifférent face au pourrissement des existences que produisent ces guerres, puis l'indécision de l'Europe, je ne peux me taire.

A Ventimille, à Paris, à Briançon, à Forcalquier, j'ai rencontré des réfugiés. J'ai entendu des demandes simples, élémentaires et vitales du droit aux papiers et au logement, une demande s'élever : le droit à l'éducation, à l'apprentissage du français, à la reprise d'études, quelquefois, à la volonté d'être utile, tout le temps.

Alors, on entend qu'avant d'aider ceux qui arrivent, il faut d'abord aider ceux qui sont déjà là, voire ceux qui sont nés ici. Ce positionnement est dangereux et contraire à la dignité humaine et aux droits fondamentaux et il est porté par ceux qui, avant de haïr l'autre, le réfugié, dénonçaient les logements sociaux, les aides sociales au nom de l'assistanat, affirmant que ceux qui sont dans la fragilité le sont par choix.
Depuis que le gouvernement français s'est engagé à accueillir 30 700 migrants Syriens, Irakiens et Érythréens menacés par la guerre et la dictature d'ici 2017, nous voyons monter une polémique nationale sur une prétendue concurrence entre les précaires dans leur accès au logement et à l'hébergement.

L'élan de solidarité porté par les citoyens, élus et associations face au drame vécu par ceux qui fuient les combats et tentent de survivre est d'une urgente nécessité.

L'Europe doit se montrer enfin à la hauteur en proposant à tous les migrants demandeurs d'asile de pouvoir se rendre en Europe dans des conditions humanitaires dignes de nos démocraties. L'Union européenne et ses États membres doivent veiller à ce que tous ceux qui fuient des pays ravagés par les conflits et dont le statut de réfugié ne fait aucun doute disposent d'une voie légale sure et efficace afin d'accéder au territoire de l'Union européenne pour y exercer leur droit à la protection internationale.

Alors, on peut se contenter de trouver triste ou choquante l'image de cet enfant mort en Méditerranée, de renvoyer à l'Europe ou à d'autres, la responsabilité et de tourner le dos, s'achetant une bonne conscience à bon prix ou faire le choix de prendre sa part.

Comme le Pape François, je crois « qu' un c½ur miséricordieux trouve un endroit ou un refuge pour ceux qui n'ont pas de maison ou qui ont perdu leur maison. Un c½ur miséricordieux est capable de construire une maison et une famille pour ceux qui ont été contraints d'émigrer...Un c½ur miséricordieux s'ouvre pour accueillir les réfugiés et les migrants. ». Je suis laïc mais je salue la force de ces mots.

Dans nos Alpes de Haute Provence, devrions-nous avoir peur d'accueillir 200 personnes alors que nous sommes 160 000 habitants ? Notre terre de migration fière de ses « Barcelonnettes » partis conquérir le Mexique, fière d'avoir su au milieu de la première guerre mondiale, accueillir 1 000 serbes à Jausiers, fière de son hameau de forestage à Ongles... Doit-elle s'enfermer dans les peurs ? Se laisser bercer dans les haines et refuser la miséricorde, tout en se parant d'un héritage chrétien comme la croix de l'exorciste pour faire peur au diable musulman ?

Imaginons simplement que chaque maire propose un accueil, pour une personne, pour une famille, qu'il invite sa population à accompagner Ismaël, Ahmed ou Soraya, dans son quotidien, dans son apprentissage du français.
Notre département serait-il menacé ou tout simplement apaisé ? Apaisé par ce sentiment de n'avoir pas tourné le dos face a la misère, face à la mort de celui qui a du la fuir ? Nous l'avons fait à Forcalquier, de notre propre initiative, sans que l'État ne nous le demande car ce sont les citoyens eux même qui nous l'ont demandé.

Je ne suis pas naïf, je ne suis pas candide. Nous devons agir contre le mal, là où il se loge, mais j'ai juste envie d'être un Homme, j'ai juste envie d'être un homme au milieu des Hommes qui savent qu'une main tendue, qu'un sourire, qu'un partage et 1 000 fois plus fort qu'une haine, qu'une colère.

Si nous n'en sommes pas capables, alors je ne veux plus servir ce pays, cette terre qui ne serait plus ma terre et les électeurs pourront choisir les aventuriers des peurs, de la haine, du rejet. C'est aussi cela la démocratie, mais ce ne sera jamais l'honneur et me taire serait faire fi de mon honneur.

Christophe Castaner

La Provence - 30/09/2016

La Provence - 30/09/2016

La Provence - 29/09/2016

La Provence - 29/09/2016

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30/09/2016 11:50:30    

Brigitte Foucault    

Un très beau documentaire sorti sur les écrans depuis peu! La mécanique des flux de Nathalie Loubeyre... Un véritable outil " d'éducation" à DIFFUSER sans modération en créant des évènements "intelligents" ... ! " Rompre « les flux », endiguer les « vagues », dissuader les « clandestins » : une telle logique tente de faire oublier que derrières les mots, il y a des migrants et des réfugiés ; et que derrière ces étiquettes, il y a des personnes. Le nouveau film « La mécanique des flux », soutenu par Amnesty International France, donne une voix aux vies, aux souffrances et aux espoirs de ces personnes qui sont les cibles de la mécanique de contrôle." Brigitte Foucault-Lurs

30/09/2016 12:45:29    

Nicolas POUSSIN    

Merci pour cette intervention, c'est vraiment ce que je ressens et ne peux arrêter de penser que nous pourrions être dans la même situation. L'égoïsme m'est intolérable en de telles circonstances. De penser qu'on refuse de voir c'est personnes, violées, torturée, voir leurs enfants se faire abuser devant leur yeux en toute impunité, de les empêcher de trouver refuge chez nous... Il y a de la place et aussi du travail pour tout le monde.

30/09/2016 16:07:03    

Christiane Brochier    

Bonjour Christophe
Tout ce que tu écris dans ton article, article cri du c½ur, est parfaitement juste et vrai et tout à l' honneur de l'élu responsable et généreux que tu es. Mais il ne passe pas, précisément, parce qu'il s'adresse à des personnes inquiètes et qui ont peur ! Et mettre en parallèle et en balance les souffrances, bien réelles, des migrants avec celles des habitants de nos contrées, c'est comme si tu les accusais, en creux et indirectement, d'égoïsme foncier, d'islamophobie voire de racisme. Il faut leur tenir un tout autre discours non démagogique, qui à la fois les rassure, sans bisounours et sans céder à leurs peurs quant aux décisions légitimes et légales que tu prendras démocratiquement en tant qu'élu... Souviens-toi tu discours maladroit de Jospin avec " son sentiment d'insécurité "...
Bon courage Christophe
Je t'embrasse

30/09/2016 19:13:46  

 Alain Paulien    

Avez vous signé la pétition de RESF des réfugiés dans le 04?
http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article54472

02/10/2016 12:01:47    

glaude    

Merci pour cette Tribune . A+

02/10/2016 23:23:04    

jacques Honoré    

Honte à nous 
J'entend les mêmes mots qui on prélude l'avènement du faschisme en France 

Décidément nous n'aprendrons jamais
Je vous propose de reprendre. Notre batton de pèlerin
Pour faire face à cette menace ignoble et la combattre de toutes nos force
Jacques

03/10/2016 08:54:15    

Anne Martin    

Monsieur, 

Je vous remercie de votre prise de position courageuse en ce qui concerne l'accueil des demandeurs d'asile par la France en générale et notre département en particulier.

Membre du Réseau Education Sans Frontières, je souhaite témoigner auprès de vous de la situation dramatique et indigne de notre République pour au moins 5 familles de demandeurs d'asile avec des enfants de moins de 10 ans: à Digne, Chateaux Arnoux et Manosque qui ont du dormir dans la rue !!!!
Ces personnes sont venues par leurs propres moyens pour demander l'asile à la France; Elles doivent faire enregistrer leurs demandes à Marseille ce qui est très compliqué. En attendant elles sont à la rue: LES SERVICES D'ACCUEIL D'URGENCE DU DEPARTEMENT ETANT SATURES AUCUNE SOLUTION NE LEUR A ETE PROPOSEE A PART UN BILLET DE TRAIN ALLER SIMPLE POUR MARSEILLE où il n'y a pas de solution non plus!!!
Les simples citoyens que nous sommes au Réseau Education Sans frontières sont venus en aide à ces familles, palliant aux manquements graves des services de l'Etat en ce qui concerne l'accès aux droits dans notre département.
Dans le même temps nous avons interpellé la Préfecture, la DDCSPP à ce sujet. Sans résultat. Nous allons contacter également les Maires des trois villes concernées.

Voilà, je souhaitais compléter le tableau de la situation des demandeurs d'asiles dans notre département. Il y a ceux dont l'accueil est a peu près organisé et prévu malgré l'hostilité ambiante...et il y a les autres, complètements isolés et coupés de leurs droits fondamentaux.

Je me tiens à votre disposition pour toute demande de précision à ce sujet;

Veuillez agréer Monsieur de mes salutations les meilleures.

Anne Martin Terrier 
Citoyenne de Manosque.

18/10/2016 19:53:40    

Delphine Reynaud    

Oui nous pouvons faire un peu de place à ces personnes car ils sont en petit nombre. Oui ces femmes et ces hommes peuvent un jour être de formidables acteurs locaux, pour peu qu'on ne les accueille pas avec des jets de pierres, pour peu qu'on leur demande ce qu'ils se sentent capable de faire, et non ce n'est pas incompatible avec la bienveillance envers nos concitoyens, bien au contraire. Au lieu de préjuger de ce qu'ils vont nous prendre cherchons activement ce qu'ils ont envie de nous apporter, car ils et elles ne veulent qu'une chose : être enfin désirés quelque part.
Merci pour cette prise de position.

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