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Henri Nallet « L'Europe gardera-t-elle ses paysans ? »

Henri Nallet « L'Europe gardera-t-elle ses paysans ? »

un petit essai décapant à lire absolument

Dans la galerie des portraits des Ministre de l'Agriculture affichés dans l'antichambre de l'Hôtel de Villeroy au 78 rue de Varenne celui d'Henri Nallet pourrait y figurer deux fois, encadrant ainsi le Ministre paysan l'inflexible lorrain François Guillaume.

En effet, par la grâce de la démission nocturne de Michel Rocard, il se retrouva en avril 1985 un matin Ministre de l'Agriculture puis lors de la réélection de François Mitterrand à nouveau Ministre de l'agriculture et de la forêt de mai 1988 à octobre 1990 dans le gouvernement de Michel Rocard.

N’en déplaise à ceux qui placent notre Chirac en tête du Top 10 des Ministres de l’Agriculture, bien plus pour sa faculté à serrer les manettes et caresser le cul des vaches au Salon de l’Agriculture que par le fond de son action au 78 rue de Varenne, je pense qu’Henri Nallet tout comme Michel Rocard sont sur le podium.

 

Ils ont su mener ou soutenir des réformes indispensables à la rénovation de notre agriculture : quotas laitiers, accords de Dublin, accord sur l’enseignement agricole privé... C’est au pied du mur qu’on juge les maçons.

Henri Nallet est plutôt un taiseux, homme précis, réfléchi, il connaît bien les hommes de la grande maison agricole et de ses satellites, possède une culture du monde paysan, travaille ses dossiers, un homme qui sait qu’une politique de petits pas vaut mieux que de l’esbroufe..

Henri Nallet vient de commettre de sa plume précise, acérée parfois, un essai qui met en perspective la future réforme de la PAC.

Pour moi c’est une œuvre d’utilité publique car Henri Nallet, sans emphase, avec sa culture de gouvernement où le cambouis conditionne souvent les vraies avancées, propose au lecteur non averti des arcanes agricoles de notre Union Européenne un texte d’une limpidité peu commune où, comme l’écrit Rocard dans sa préface, il nous donne sur un demi-siècle « une histoire intelligible de la PAC». Il ne se paye pas de mots, il ne réécrit pas l’histoire, il expose simplement avant d’aborder avec courage les enjeux, les termes des choix, les pistes à explorer. Hors des sentiers simplificateurs, avec superbe, il explique aux responsables de notre vieux pays que les postures ne sont plus de saison, que les lignes Maginot sont des leurres, qu’il nous faut affronter cette foutue réalité sans faux-fuyants, qu’il nous faut être imaginatif pour mettre du contenu sous des mots « magiques » telle la préférence communautaire.

Cet essai va sans doute agacer les dents fragiles des Verts, insupporter les Confédérés de José Bové, être dédaigné par tous les « alters » de la Terre, chauffer les oreilles des nonistes des deux rives, mais comme je l’écris souvent il vaut mieux présenter des aspérités, se donner des angles plutôt que de se congratuler entre soi dans sa petite chapelle.

Les grands enjeux de notre planète pour ce qui concerne l’alimentation de ses milliards d’habitants, la prise en compte des questions environnementales, des effets du réchauffement climatique, des équilibres territoriaux méritent qu’on les aborde avec le souci de produire des solutions applicables et durables. Mettre en avant sans fausse honte l’aspect productif de l’agriculture comme le fait Henri Nallet c’est mettre les urbains consommateurs face à leurs contradictions : empathie pour une agriculture fantasmée d’un côté et réalisme du porte-monnaie lors de l’acte d’achat : en clair « pleurer » sur les pauvres petits producteurs de lait écrasés par le marché et acheter sans barguigner sa brique de lait UHT en provenance directe d’une Allemagne fort productive. Nous avons besoin d’engager une réelle thérapie sur ces questions vitales pour nos agriculteurs (viticulteurs aussi bien sûr) et nos territoires.

Henri Nallet fors de son expérience pose la bonne question : « L’Europe gardera-t-elle ses paysans ? » sous entendu en a-t-elle vraiment la volonté et comme elle c’est nous citoyens-consommateurs-contribuables européens. Il porte à notre connaissance de manière simple une problématique qui semble au plus grand nombre si opaque, si entre les mains des experts, est essentiel car vecteur de compréhension de la portée et des enjeux d’une PAC lointaine, qui semble injuste, compliquée et couteuse qui, tel un vieux cheval fourbu, à force de se réformer donne à penser qu’elle n’a plus de réelle utilité ni économique ni sociale.

Deux extraits : 

LE COUPLE MITTERRAND-ROCARD AU TRAVAIL

« Il fallait donc remettre un peu d’ordre dans la maison avant de faire redémarrer le projet européen. François Mitterrand s’y pris en deux temps. D’abord, il remplaça Edith Cresson par Michel Rocard. Coup double : en confiant les intérêts de la paysannerie française à la coqueluche des sondages et des médias, il signifiait aux dirigeants agricoles qu’il désirait la paix. Ensuite, il envoyait au feu un responsable politique important qui ne l’avait pas toujours soutenu... Mais Michel Rocard, bien secondé par un bon cabinet animé par Jean-Paul Huchon, maître négociateur, s’en tira fort bien, mettant en œuvre sans hésiter le virage nécessaire de la politique agricole décidée par le Conseil Européen. En laissant à Michel Rocard le soin de faire la paix à l’intérieur, François eut les mains beaucoup plus libres pour, avec Helmut Kohl, puis Jacques Delors, relancer la progression de l’Europe unie et son élargissement. »

LE DÉCOUPLAGE OU LE RÈGNE DU MARCHÉ  

C’est le « découplage », qui a transformé la PAC en un système mutualisé d’assistance aux titulaires du droit d’exploiter la terre agricole, reste, aujourd’hui encore le cœur de la seconde PAC, enfin conforme aux saints principes du libre-échange. Mais, à y regarder de plus près et du point de vue des autres producteurs présents sur les marchés agricoles, le « découplage » que pratiquent tous les pays du Nord est une vaste fumisterie qui requiert pour être défendu, un solide culot. En effet, les primes compensatrices reçues par les producteurs, liées ou non aux productions, sont des aides publiques qui entrent dans le revenu de l’entreprise, qui peuvent donc servir à financer les intrants nécessaires pour améliorer la productivité, et donc chasser du marché d’autres producteurs. Ou elles peuvent permettre de maintenir en état de produire des agriculteurs peu productifs qui, sans cette aide publique aurait mis la clé sous la porte. Au regard des producteurs agricoles démunis des pays du Sud, les aides des pays du Nord, couplées à la production ou non, reviennent au même... C’est parce qu’ils ont fini par s’en apercevoir que les pays du Sud ont refusé jusqu’à présent d’accepter les conclusions du cycle de Doha. »


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09/01/2011 17:52

Jean-François Queyras
Merci pour l'information. je vais me procurer l'ouvrage.
Question ministre de l'agriculture, j'ai eu, en son temps, le privilège de travailler avec Edgar Pisani en matière de promotion sociale agricole. C'était un grand Monsieur...

06/01/2011 16:54

samuel
Bonjour,
La chose est sue mais non dite : l'agriculture a tué la paysannerie. L'agriculture a été vue uniquement comme composée d'unités de production, par ailleurs en compétition avec le reste du monde.
Il est déjà trop tard pour en venir à la notion d'agriculture créatrice de lieux de vie (création qui serait rendue possible par la culture vivrière) et surtout pour effectuer le nécessaire exode urbain vers les terres récupérables. En effet, le taux de chômage urbain a déjà atteint un niveau difficile à supporter (seules des mesures aggravant la situation comme la prime à la casse ont été prises) et il est déjà impossible de permettre aux citadins définitivement sans salaire de se transformer en ruraux aptes à se prendre en charge, au moins pour produire leur nourriture.
Il est déjà trop tard, mais le pire est que personne ne songe a envisager cet exode urbain.
Nous sommes ainsi les artisans de notre malheur collectif, préférant être sourds et aveugles et attendant "la fin de la crise".
Au diable la P.A.C.

06/01/2011 14:11

nalin
nos agriculteurs,geres depuis Bruxelles,ne sont plus français mais pas europeens;car personne ne peut se retrouver dans ce"machin" :il n'y a pas 2 pays ayant la meme TVA ,pas les memes charges sociales,ces charges qui devraient harmoniser les economiess ,Bruxelles veut faire jouer la concurrence et ce au detriment de chaque pays ;notre production energetique doit etre la notre car il ne faut pas oublier que ce sont les français 'par ex.) qui ont contribué à creer un reseau ;ne soyons pas trop anti europeen mais soyons Français tant que l'UE sera celle qui ait ;que les politiques français soient bien persuades de celà,quant au plan local les Cantonales se preparent avec des tiraillements avant d'etre unis et à la tete du PS les primables font entendre certaines divergences peu harmonies avec un Parti poltique meme si la voix unique est parfois tout aussi mal venue meilleurs voeux à toi Christophe et bon courage;je voudrai ajouter que le plan de circulation de la Traverse Beaudine est pour le moins bizarre et je souhaiterai en parler avec Gerard

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