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Les trois énigmes du procès de Jérôme Kerviel

Les trois énigmes du procès de Jérôme Kerviel

Les avocats de l'ex-trader de la Société générale promettaient des surprises lors de l'ouverture de son procès.

Leur objectif : démontrer que Jérôme Kerviel n'est pas un coupable, mais une victime. Pour cela, ils exploitent les trois zones d'ombre de l'affaire.

Kerviel a-t-il vraiment pu cacher ses pertes ?

Kerviel est accusé d'avoir investi pas moins de 50 milliards d'euros sans l'autorisation de ses supérieurs. Les positions qu'il avait prises sur les marchés financiers ont été « débouclées » (revendues) en catastrophe par la Société générale, en janvier 2008. Résultat final : une perte de 4,9 milliards d'euros pour la banque.

Pourquoi la Société Générale ne s'est-elle rendue compte de rien ?

Selon l'enquête menée par le juge Renaud Van Ruymbeke, Jérôme Kerviel a maquillé ses opérations : il aurait caché ses investissements risqués en introduisant, dans le système informatique de la banque, des opérations fictives. Il aurait aussi fourni de faux e-mails confirmant ces opérations, pour tromper les équipes de contrôle de la banque.
Jérôme Kerviel comparaît donc pour « abus de confiance », « faux et usage de faux » et « introduction frauduleuse de données dans un système informatique ». Il risque cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende.
Lors de ses auditions, Jérôme Kerviel n'a opposé qu'un seul argument au juge Van Ruymbeke : c'était tellement gros que la Société générale ne pouvait pas l'ignorer, et qui ne dit mot consent. C'est aussi l'argument que ses avocats développeront devant le tribunal correctionnel, en tentant de mettre en évidence les contradictions des supérieurs de Jérôme Kerviel.

La Société générale est-elle coupable ?

C'est la plainte d'un actionnaire de la Société générale qui est à l'origine de la procédure, la banque se constituant ensuite partie civile. C'est le second objectif des avocats de Jérôme Kerviel : convaincre que la Société générale ne devrait pas être sur le banc des victimes, mais sur celui des accusés.
L'enquête a révélé les faiblesses de la Société générale, qui ne sont pas pour autant pénalement répréhensibles. Le « back office », chargé de vérifier toutes les opérations conclues par les traders, n'a rien vu. Les supérieurs directs de Jérôme Kerviel, non plus. Lors de ses auditions, le trader a même affirmé avoir évoqué à demi-mots ses opérations avec son chef, sans convaincre le juge Van Ruymbeke.
La Société générale a fait elle-même le ménage. En « débouclant » les positions prises par Jérôme Kerviel, puis en faisant tomber les têtes. Les supérieurs de Jérôme Kerviel ont été remerciés. Le tout-puissant PDG de la Société générale, Daniel Bouton, s'est accroché à son poste, mais il a fini par démissionner en avril 2009.

Quelles étaient les motivations de Jérôme Kerviel ?

Jérôme Kerviel et ses avocats l'assurent : le trader ne cherchait pas à s'enrichir. Il aurait en fait perdu les pédales, victime du système financier et de la pression de ses supérieurs. C'était l'argument principal de la campagne de communication de Jérôme Kerviel début mai, à l'occasion de la sortie de son livre, « L'Engrenage : mémoires d'un trader ». Il expliquait ainsi au Journal du dimanche :
« On perd la notion des montants, ça va tellement vite qu'on n'a plus le temps de réfléchir. Oui, j'étais partie prenante de ce système. Mais aujourd'hui, je me demande comment j'ai pu me laisser entraîner là-dedans. »
Jérôme Kerviel ne se désintéressait pourtant pas de ses bonus. Il avait négocié un montant de 300 000 euros pour 2007, et selon le témoignage de son supérieur direct, il se demandait comment obtenir davantage. Devant le juge d'instruction, Eric Cordelle avait raconté une conversation avec Jérôme Kerviel, lors d'un pot sur le « desk » : « Il m'a demandé combien il fallait de valo [valeurs] pour avoir un bonus de 500 000 euros. Il m'a demandé si 50 millions de valo, c'était bien. J'ai répondu : “Cela ne me paraît pas stupide”. »


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29/06/2010 14:50

Guy Malhouitre
Je crois bien que ce que dit Jérôme Kerviel décrit bien ce qui existe vraiment aujourd'hui , juste à côté de ce que des gens normaux , vous et moi , considérons comme des "excès" . A côté des excès du voisin dispendieux , du cousin infréquentable , il y a ça . CA!!!
La différence ? c'est un rapport . Le nombre de "fois dix " :5 fois 10 , 6 fois 10 ...10 fois 10? avec ce qui , déjà , nous révulse .
Comme plein d'autres , ce garçon va jouer un rôle écrit depuis la nuit des temps : celui du bouc émissaire . Et aprés , quoi ??
Je vous parie que la réduction du "train de vie de l'Etat" , le "non cumul des salaires et retraites publiques", le "non cumul des fonctions de Ministre du Budget et de Trésorier du Parti au pouvoir" (ça ,ça reste à décider et ne sera sûrement pas annoncé comme ça )vont constituer , après ce procès éclatant ,autant de potions explicatives du retour de la vertu en matière de gestion publique . Le repère ..
Sans parler de l'interdiction , qui vient d'être énoncée, de "financer des dépenses privées avec des fonds publics"...Ouf !

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