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L'usine que Sarkozy ne visitera pas...

L'usine que Sarkozy ne visitera pas...

Stakanoviste de la visite d'usine, avec mise en scène millimétrée pour images au 20H, salariés passés à la toise et claque UMP pour les bains de foules, SARKOZY met régulièrement en scène sa fictive proximité avec les ouvriers.

C’est encore un des effets de l’imposture du sarkozysme, qui voudrait nous faire croire que le VRP des patrons du CAC 40, ami et obligé des puissants qui ont contribué à son élection, pourrait avoir une quelconque proximité avec la classe ouvrière.

Oh, le vilain mot, en cette époque de confusion de temps de cerveaux disponibles !Car la classe ouvrière existe bien, même si on tente de la rendre invisible. La classe ouvrière se sont ces millions de chômeurs et de sans droits, de salariés et de fonctionnaires, gagnant petit, se levant tôt le matin, fiers de leur travail, inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants…
Au 21ème siècle nul n'est besoin de travailler sur des machines pour être de la classe ouvrière, comme on essaye de le faire croire pour empêcher toute conscience de classe.

Mais il y a encore des ouvriers qui travaillent dans des usines, bien sûr. Et parmi les ouvriers tous ceux qui luttent. Et parmi ceux qui luttent, ceux du THÉ L’ÉLÉPHANT, les "FRALIB".

Ils sont à Gémenos, près de Marseille. Et ils sont en Provence depuis 1877, où, fort de la tradition de commerce de la ville, l'ELEPHANT s'est installé avec cette merveilleuse maxime : "Force et bonté". 119 ans de d'expérience, de savoir-faire uniques comme l'aromatisation naturelle, de techniques industrielles, savamment développées par des ouvriers fiers de leur usine.
Puis, en 1972, c'est le rachat par UNILEVER, le déménagement de l'usine de Marseille à Gémenos, dans le cadre de la revitalisation du bassin de LA CIOTAT, où l'on ferme alors les chantiers navals, avec là encore des ouvriers sur le carreau.
UNILEVER a racheté et accolé la marque LIPTON au THE L’ELEPEHANT, UNILEVER a touché des aides publiques pour transférer l'usine à Gémenos. Bien sûr, depuis les parfums sont artificiels et les conditions de travail ont changé : de 4 opérateurs pour une machine, on est passé à 1 opérateur pour 4 machines, pour avoir encore moins d'ouvriers.
Mais il en reste encore, qui produisent chaque année 1,5 milliards de sachets de thé et d'infusions, écoulés en totalité sur le marché français.
Bien sûr il y a eu des alertes. La fermeture en 1998 du site du Havre avec des salariés reclassés à Gémenos avec la promesse que ce site là, c'était du solide.
Certains ont donc quitté leur vie, perdant parfois au passage leur famille, quand femme et enfants n'ont pas toujours suivi. C'est parfois le prix de cette satanée mobilité tant prisée par le MEDEF de Mme PARISOT, quand elle s'applique aux autres.
Et en 2007, la baisse de la production au motif d'aider l'usine de Belgique, en difficulté. Des ouvriers qui aident d'autres ouvriers. Cynisme parfaitement volontaire de la part d'Unilever, c'est au nom de cette baisse de production qu'en 2010 s'engage le plan de fermeture de FRALIB.
On veut noyer le chien, alors on va l'accuser d'avoir la rage. Trop petite unité de production, parts de marché en baisse...
Pourtant depuis le rachat par Unilever, ils ont en bien profite. C’est aux ouvriers de Gémenos que l'on demande d’adapter et d’améliorer les machines qui profiteront aux autres usines du groupe. C'est leur expérience qui est mise à profit pour gagner 4mm sur la largeur des sachets et les bénéfices qui vont avec. Et puis il y a les aides, pour déménager, les réductions de charges et la sacro-sainte optimisation fiscale.
Là c'est plutôt de la maximisation fiscale : 67 Millions euros de manque à gagner pour les caisses de l'état.
Et les ouvriers ? On pourrait les envoyer en Pologne, pour 450 euros mensuel (566 pour les agents de maîtrise). Comme le dit un des FRALIB, qui a déjà vécu la fermeture du Havre : " il vont bientôt nous demander de vivre dans des roulottes et de faire le tour de la terre".
Eh bien, les ouvriers ont dit NON… !
14 mois de lutte, 2 mois et demie d'occupation de l'usine. La solidarité, les attaques de la direction qui les traite de "talibans", les considère comme grévistes alors que c'est elle qui a arrêté la production, et fait donner sa milice patronale pour essayer de les déloger. La lutte au quotidien avec les licenciements, les salaires non versés ou amputés (116 euros par mois, car ces gens là ne cherchent pas un autre travail selon Unilever.
Mais un travail… ils en ont un, et même un usine, et elle est rentable contrairement à ce qu'affirme Unilever.
Et le 17 novembre, une victoire décisive : le plan social est jugé " sans valeur" par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence. Sans valeur, "au regard du chiffre d'affaire et des bénéfices du groupe UNILEVER."
Du sévère pour la multinationale, qui continue à proclamer que l'usine fermera. La lutte continue pour que soit enfin organisée une table ronde de négociation. Réclamée depuis des mois, par les ouvriers, les conseils général et régional. Il ne manque qu'UNILEVER et le gouvernement. Le gouvernement, inexistant, aux abonnés absent depuis le début du conflit. Le ministre de l'industrie, si préoccupé de réindustrialiser la France… Pas vu. Le président de la république, si prompt à s'attribuer la défense du pays et de son industrie… Pas entendu. Une table ronde pour que cette usine ne ferme pas. UNILEVER veut partir en Pologne, et bien qu'ils partent.

Les ouvriers ont compris qu'ils n'ont pas besoin d'UNILEVER pour travailler, et ils veulent reprendre l'usine et la marque THE L’ELEPHANT, dont de toute façon, Unilever ne veut plus.
Gageons que si l’on faisait le total de l'argent public touché où détourné par Unilever, cette usine est déjà payée.
C'est possible ça ? Bien sûr. Il faut seulement le vouloir et l'imposer. La preuve ? Il suffit de les rencontrer, de parler et visiter avec eux cette usine, leur usine, impeccable après 2 mois et demi d'occupation. Les voir entretenir, régler, prendre soin de leurs machines, petits bijoux de précision. Ils sont là, 24 h/ 24, parlant de leur savoir-faire, de leur vie et de leurs solidarités pour garder leur outil de travail, et continuer à travailler et vivre en Provence.
L'ÉLÉPHANT c'est eux et cela n'a toujours été qu'eux. L'usine est rentable, preuve en a été faite dans ce conflit. Le marché existe et l'étendue de leur expérience autorise à penser qu'il n' y a pas de raisons que cela change.
La lutte des classes existe-t-elle ? Pour avoir une réponse définitive à cette question nul besoin de relire Marx, il suffit d'écouter Warren BUFFET, milliardaire américain qui ne passe pas pour être un trotskiste : "la lutte des classe existe, c'est la mienne qui est en train de la gagner".

Aidons les "FRALIB" à le faire mentir.
Et pour commencer, suivons leur mot d'ordre de boycott de LIPTON.
Nous arrêterons quand UNILEVER aura rendu la marque ÉLÉPHANT à ceux à qui elle appartient : les ouvriers de Gémenos.
Alors Nicolas Sarkozy pourra venir visiter l'usine…
Il n'en aura ni le goût ni l'occasion, il ne sera plus président.


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26/12/2011 14:57

Jacques le Maniatographe
un syndicalisme moderne "même de gauche" peu exister et reconquérir une audience et reprendre la place qui a toujours été la notre, nos ainés l'on fait pourquoi pas nous. le monde du travail est en mutation? je retrouve pourtant toujours le même
capitalisme, encore plus torve et fourbe que jamais j'ai envie de dire "aux armes citoyens " armes de générosité d’enthousiasme et de pavées aussi le monde du travail est a notre porté, lutons et battons nous pour une victoire espéré

04/12/2011 18:13

coll jaime
le monde ouvrier est disloque les syndicats se tire des balles aux pied le prudhomme ne peut agir fautes de moyen persones ne se syndique et ne s inscris dans un parti qui peux les defendre le patronat a un boulevart devant lui il fait se quil veux ou est zola .clemenceu.est tout les autres defenseurs des travailleurs

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