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Quelle place pour la France...

Quelle place pour la France...

Souvenons nous, c'était en mai, il y a moins d'un an, depuis Abou Dhabi, speedy Sarko, cherchant la croissance avec les dents, nous annonçait triomphant un contrat de plus de 20 milliards de dollars pour la construction de 4 centrales nucléaires aux Emirats arabes...TF1, toujours mobilisée, pouvait rendre gloire au grand homme.

Loupé entre Noël et le jour de l'an (ils ne respectent rien) nous avons appris (pas sur TF1) que c'était l'offre sud-coréenne de Kepco qui avait été choisie.

Emmené par un consortium regroupant EDF et GDF Suez, c’est un dur revers pour la filière nucléaire française qui a fait de l'EPR sa vitrine internationale.
L’échec commercial, et industriel, de notre sublime "EPR" à Abou Dhabi ravive chez certains (ceux qui n'ont encore rien compris au film de la mondialisation et à la présence de Sarkozy) le sentiment de déclin de la France.
 
Mythe ou réalité, la claque donnée par les autorités d’Abou Dhabi à la filière nucléaire française apporte de l’eau au moulin des chantres du déclin Français. Réalistes, alarmistes ou simplement nostalgiques, les “déclinologues” dressent avant tout le portrait d’une France qui change dans un monde en constante évolution. Et si le sentiment de déclin était avant tout le fruit du regard très subjectif que nous portons sur nous-mêmes ?

Un sondage du Financial Times révèle que les Français ont un fond de pessimisme qui tranche avec leurs voisins limitrophes (Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne) sans parler des habitants des Etats-Unis. Les Français se montrent pessimistes pour presque toutes les questions posées par l’enquête.

Comment expliquer alors, cette hantise du déclin national doublée de celle d’un déclassement social pour sa propre famille ? Sans répondre directement à la question, certains, tels Albert Merlin estiment dans Les Echos que, ” Pour être grande, la France doit rétrécir “. Autrement dit, revenir sur la notion jugée dispendieuse d’aménagement du territoire, source “de fanatisme égalitaire“, “de maillage administratif extensif et dispendieux“. Seule solution “joker” pour Albert Merlin : le développement du numérique qui constituerait, selon lui, un formidable gisement de productivité.

Plus solide, l’analyse d’Éric Le Boucher, dans Slate.fr , apporte quelques pistes de réflexion en partant du constat de la montée en puissance ces dernières années de l’Asie devenue, dans notre totale insouciance, l’atelier du monde.

Éric Le Boucher sonne le tocsin et n’hésite pas à parler de “danger” en constatant que “l‘Asie ne se contente plus de nous fournir en « produits pas chers » mais que désormais, elle “nous dame le pion dans les hautes technologies.” Face aux tenants du repli européen derrière un protectionnisme qui ne dit pas son nom, l’éditorialiste invite au sursaut salutaire.

Il est vrai que l’actualité économique laisse perplexe : rachats des fleurons industriels européens par des groupes de pays émergents, pertes de marchés qu’on pensait promis… l’horizon de cette fin d’année est sensiblement brouillé.

Éric Le Boucher identifie deux causes principales : l’incapacité de L’Europe à savoir vendre ses innovations et la puissance démographique de l’Asie. Le journaliste invite à maintenir notre courte avance par une remise à plat de nos fondamentaux économiques sauf, à accepter de se faire dévorer par le tigre asiatique.

Face à ce défi majeur deux options sont possibles. Soit la réforme vers le bas, l’assouplissement du code du travail, la précarisation des salariés, la baisse des charges sur les entreprises, l’affaiblissement du contrôle de l’Etat, la baisse des impôts pour les sociétés et les plus fortunés. Soit, un coup de collier, un effort collectif et partagé, pour une sortie vers le haut. Un mode de réforme qui ne cherche pas toujours à culpabiliser mais qui repose sur le pari de l’intelligence, celui de faire autant sinon mieux mais, autrement.

Mais au fond, le moral en berne des Français traduit la confiance trahie dans la capacité de Nicolas Sarkozy à réformer, à soigner autrement que par amputations successives et brutales présentées en conséquences inexorables des années Chirac marquées par un très fort immobilisme. A ce jour l’impulsion présidentielle ne s’est traduite que par un grand bond en arrière, source de perte de confiance et du blues des Français. Les étrangers n’arrêtent pas de le confier incrédules : la France et ses habitants sont tristes. Le gai Paris a cédé la place à Lutèce la morose, la France à un musée sous cloche dans lequel on pleure une grandeur perdue.

Le pessimisme rampant des français est en partie alimenté par des faits tangibles notamment, un accroissement des inégalités. Les revenus médians ont stagné alors que les revenus des 0,1% les plus riches ont fortement augmenté. Ce sentiment d’injustice est conforté par celui plus diffus et pourtant bien réel que les réformes menées bénéficient principalement aux plus riches.

Commençons par rétablir certaines vérités. Les travailleurs français effectuent 37,4 heures par semaine en moyenne, contre 35,6 heures au Royaume-Uni. Le nombre d’heures totales travaillées dans les deux pays est à peu près équivalent, pour des populations similaires. Dire que les Français travaillent moins que leurs voisins est donc tout simplement faux. Volontairement faux.

Seules sont perdues les batailles qu’on ne livre pas. Les Français doivent commencer à retrouver confiance en eux et dans leur capacité à reprendre la main sur leur destin. A cet égard, même si une hirondelle ne fait pas le printemps, la relocalisation dans l’hexagone de certaines entreprises notamment pour des raisons de qualité de la main d’œuvre et de délais de transports avec l’Asie constitue un réel encouragement. C’est en cette année finissante ce qu’il faut aussi retenir de 2009.

Mais les coups de menton de notre Président ne font pas une politique, surtout quand la porte se referme sur le noble menton présidentiel.


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24/01 20:55

GuyM    
A propos ,de cette histoire épouvantable de porte qui se referme sur le menton ... une heureuse publication dont je recommande vivement la lecture : le tome 3 de la Chronique du règne de Nicolas 1er , par Patrick Rambaud

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