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Sécuriser les parcours éducatifs pour redonner aux jeunes confiance en leur avenir

Sécuriser les parcours éducatifs pour redonner aux jeunes confiance en leur avenir

« Pessimistes et désabusés », ainsi apparaissent les jeunes Français selon diverses enquêtes publiées récemment. Pire, ils seraient parmi les plus angoissés en Europe, les moins confiants en leur avenir.

Cette inquiétude porte à la fois sur leur avenir collectif au regard des risques que comportent à leurs yeux la crise du capitalisme globalisé et la crise environnementale mais aussi et surtout sur leur avenir individuel. Comment intégrer la vie sociale si l'on n'a confiance ni en son parcours individuel, ni en la société dans laquelle on est censés l'accomplir ?

A travers cette crise de confiance de la jeunesse, c’est la République qui est ici interrogée quant à ses principes et à leurs concrétisations. L’idéal républicain s’est donné pour objectif de faire en sorte que l’origine sociale ne conditionne pas la position sociale future de chacun de ses membres. Or son principal instrument, l’éducation nationale, ne parvient pas à remplir cette mission, laissant chaque année 130000 jeunes quitter le système éducatif sans diplôme. Certes, l’accès aux études secondaires et supérieures s’est massivement démocratisé en quelques décennies, mais de fortes inégalités persistent quant à la nature des parcours éducatifs de sorte qu’à 18 ans, près d’un enfant d’ouvrier sur trois a arrêté ses études contre seulement 5% des enfants de cadres.

Cet échec du modèle méritocratique porté par la République est à l’origine d’un sentiment profond de déclassement qui parcourt non seulement les classes populaires mais, au-delà, l’ensemble de la société française. Il se traduit par une double frustration selon laquelle on ne parvient ni à obtenir un emploi à la hauteur de son diplôme, ni à maintenir la position sociale de ses parents. Face à cet état de fait, le discours « méritant » de la droite auquel ont pu se raccrocher un temps les Français en 2007 ne tient plus. Comment convaincre des individus victimes de ce déclassement que « quand on veut on peut » alors que ceux-ci ont voulu, se sont donnés les moyens de pouvoir en jouant le jeu de la compétition scolaire mais ne sont pas parvenus à trouver leur juste place dans la société?

Face à l’illusion du discours moralisateur de la droite, les Français et en particulier les jeunes et les déclassés  attendent de la gauche des réponses susceptibles de leur redonner confiance en l’avenir.
Pour cela, le problème majeur sur lequel nous devons concentrer nos efforts concerne moins l’inégalité d’accès au système scolaire que les inégalités de réussite scolaire. Elles apparaissent dès la petite enfance, se creusent au collège et se sédimentent par la suite, quand il est le plus difficile de remédier à l’échec de l’ensemble du parcours éducatif . Elles se répercutent hélas sur une partie de l’avenir professionnel des jeunes qui le subissent. Au-delà de l’impérieuse nécessité de créer enfin en France un service public de la petite enfance, nous devons également nous interroger sur le but de l’enseignement secondaire qui cumule aujourd’hui deux fonctions contradictoires : d’une part éduquer, instruire pour émanciper la jeunesse et d’autre part établir un classement à partir des résultats scolaires. Or les jeunes et leur famille savent pertinemment qu’une grande partie de leur avenir se joue là : être classé scolairement revient d’une certaine manière à être classé socialement, comme si le destin de chaque individu pouvait être à jamais écrit dès l’adolescence par le truchement des résultats scolaires. Il n’est pas étonnant dès lors de constater que l’école et le système éducatif dans son ensemble soient vécus comme angoissants (44% des élèves de 6ème et 5ème se disent stressés au point d’être parfois malades à l’idée d’aller en cours.).

Tout au long de son histoire, la gauche a porté l’idée selon laquelle l’école devait permettre à tous de s’émanciper, de se déprendre d’une condition sociale souvent vécue comme fatale parce qu’héritée à la naissance. Il est temps aujourd’hui de reprendre le flambeau de ce combat et d’affirmer que l’école doit être avant tout le lieu de la connaissance, de l’épanouissement, de l’éducation citoyenne et de l’apprentissage de la vie en société et non pas une machine à classer et sélectionner les individus dès l’enfance.  Portons au plus haut notre ambition pour les jeunes, donnons leur dès l’école les moyens de maîtriser leur destin et ainsi de croire à nouveau en l’avenir en ajoutant à la nécessaire sécurisation des parcours professionnels la sécurisation des parcours éducatifs.

Au travers de ce projet, c’est un nouveau discours à la jeunesse que la gauche se doit d’écrire.


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27/11/2010 18:45

christine
L'une de mes trois filles, toutes nées à Manosque, change pour la 2ème fois de métier : c'est nécessaire à la fois dans le contexte économique; mais aussi et surtout pour son épanouissement personnel...
Malheureusement ces deux formations ne sont pas en Paca : quel aide au déplacement peut-elle attendre du programme régional de formation, puisqu'elle va exercer son futur métier en Paca, même si l'organisme se trouve à Montpellier ? Pour son perfectionnement à Paris, elle a déboursé tous ses billets TGV de sa poche !!! merci...

Quand on regarde les formations dispensées dans le département, on reste pantois : genre ADREP Secrétariat, agent administratif... CFA coiffure, bâtiment (pas adapté au marché...) ...
Au secours... !!! 

17/10/2010 00:29

Ghislaine Moullet
La lutte des classes!
Terme vieillot! Mais de quelqu'angle que l'on prenne, les stigmates des échecs d'une bonne partie d'entre nous se résument à cette expression.
De plus depuis peu nous nous apercevons qu'ils n'y a de moins en moins d'intermédiaires, les Elus responsables, sorte de médiateurs négociateurs pour la masse populaire.

15/10/2010 10:36

patricia Klemensiewicz
La jeunesse actuelle est chargée de tous les maux possibles. Elle reçoit en échange des projets d'avenir peu réjouissants: SIDA, CHÔMAGE, ELITISME SCOLAIRE et encore quelques menus ingrédients qui la pousse à se cacher derrière un airbag de pseudo paresse afin d'être un peu tranquille. Comment leur donner une vision heureuse de leur futur en l'état actuel de la politique? Qu'ils ne se révoltent pas assez est le fruit du système sécuritaire ambiant qui cultive à merveille la terreur dans l'action d'opposition.
Médiatrice scolaire, voiture balai de l'Education Nationale, je recycle en permanence ces rejetés d'un système totalement inadapté aux réalités présentes.
Il faut sans cesse donner à cette jeunesse de l'espoir, justifier leur place et admettre que la génération précédante ne sais pas ou n'accepte pas les changements impératifs qui vont finir par s'imposer car ces jeunes sont bien plus conscients et responsables qu'on le pense. A les charger ainsi d'angoisse, il devient normal qu'ils se réfugient dans des actes peu démocratiques, peu civiques et souvent dans un alcool trompeur de leurs rêves. C'est nous les responsables pas eux. N'a-t-on pas ce que l'on mérite enfin puisque tant on voté pour un pouvoir qui les nie, qui les écrase et les voue à la perte d'espoir?
tristement vôtre.
Pat.K 

14/10/2010 18:53

Nicolas Bustamante
Certainement que le message de Sarko "travailler + pour gagner +" ne visait qu'à demander au français d'être plus productifs pour que certain engrangent les plus-valus. Il a effectivement demandé au système scolaire de relever le niveau (tout en coutant moins) en prétextant que ça permettrait à la France de rester dans la course internationale. Donc il fait reposer l'avenir du pays sur ces pauvre étudiants en les culpabilisant s'ils n'ont pas le niveau car il les laisse désarmés face à la concurrence internationale : "soyez les meilleurs et bonne chance".
C'est scandaleux et prétentieux de penser que par le seul travail de nos jeunes, nous pourrons définitivement rester les meilleurs et ainsi continuer d'avoir un avenir professionnel. C'est prendre les habitants des pays émergents pour des demeurés.
Le vraie problème de ces jeunes qui étudient ou qui n'étudient pas, c'est que quoi qu'ils fassent, ils sont de plus en plus sûr que la France est sur le déclin et que le chômage les guette.
Ils voient claire, ces jeunes, malgré toute la propagande orchestrée par des gens qui veulent que le peuple reste bien endormi pour continuer d'engranger les plus-valus. Dans cette propagande, il nous est répété que tout est fatalité incontournable :
- l'age de la retraite repoussé.
- la mise en concurrence avec des travailleurs bon marcher.
- la nécessiter de toujours plus étudier.
- la nécessiter de réduire les coûts et les délais.....
Ceux sont aux politiques de prendre les choses en mains et de faire leur travail qui consiste à organiser le monde au lieu de le laisser s'organiser par lui même avec tous les dégâts que ça engendre... détresse humaine, pourrissement de notre belle planète, etc...
S'il y avait du travail avec de bons salaires, on parlerait moins d'échec scolaire.
Est-il possible de rester optimiste?

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